L’Ardèche à l’heure du boom du photovoltaïque

montage de panneaux solaires sur un toit

Le taux d’ensoleillement en Ardèche est très élevé, notamment dans le sud du département. L’énergie solaire, longtemps inexploitée, connaît un véritable engouement sur ce territoire. En effet, la pose de panneaux photovoltaïques y est souvent payante, à condition de respecter certaines normes.

Le solaire contre l’effet de serre

 

panneaux solaires

Avec 2 184 h de soleil comptabilisées en 2017, l’Ardèche est un des départements les plus ensoleillés de l’Hexagone. Ce gisement solaire représente une véritable aubaine dans une zone où l’activité économique est principalement axée sur le tourisme et l’agriculture. En 2014, le plus grand parc photovoltaïque de la région Rhône-Alpes a vu le jour à Largentière, une commune située à 20 km d’Aubenas. Ce projet s’inscrit dans une démarche de développement durable, alors que la réalité du réchauffement climatique devient une évidence de plus en plus criante. En effet, les 48 000 panneaux solaires de cette installation géante doivent éviter de rejeter 6 000 tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère. On sait que ce gaz décuple l’effet de serre, un phénomène naturel qui doit provoquer selon les scientifiques une hausse des températures de 2 à 5 degrés sur le globe d’ici la fin du siècle.

La France pionnière… au XIXe siècle

 

La prise de conscience de cette réalité entraîne un regain d’intérêt pour l’énergie solaire. Or, cette dernière, considérée moins rentable que le nucléaire ou les énergies fossiles, a longtemps été boudée, notamment dans l’industrie. Pourtant, au XIXe siècle, la France était pionnière en la matière. À cette époque, le physicien Augustin Mouchot développa plusieurs prototypes de concentrateurs, dont un four solaire qui porte encore son nom. À l’exposition universelle de 1878, il présenta une machine capable d’imprimer des journaux grâce l’énergie du soleil. Bien qu’il fût distingué lors de cette manifestation internationale, ses travaux cessèrent d’être subventionnés. En effet, de nouveaux gisements de charbon venaient d’être découverts dans l’Est de la France et le gouvernement de l’époque jugea que l’exploitation de ce minerai était plus porteuse.

Le boom du marché du photovoltaïque

 

panneaux solaires sur un toit en ardècheAujourd’hui, le photovoltaïque est en plein boom. Il intéresse particulièrement les particuliers. En Ardèche, ils sont de plus en plus nombreux à recouvrir le toit de leur maison de panneaux pour alimenter leur chauffe-eau ou produire de l’électricité. Depuis une dizaine d’années, des fournisseurs d’énergie propre ont fait leur apparition sur le marché, offrant un débouché à cette micro-production. De plus, la demande de capteurs solaires étant croissante, le nombre d’installateurs a cru de façon exponentielle.

Dans la vallée de l’Eyrieux, non loin de Privas, les habitants se sont regroupés pour créer une coopérative villageoise, afin de produire collectivement de l’électricité en installant des panneaux photovoltaïques sur leur toit. Le but de cette initiative citoyenne est de distribuer localement l’électricité produite et d’avoir la main, au moins partiellement, sur la production de courant, afin de réduire la dépendance énergétique des communes de ce bassin de vie.

Photovoltaïque et normes environnementales

 

Néanmoins, les particuliers et les communes étant de plus en plus sollicités par des entreprises privés pour poser des panneaux photovoltaïques, le risque est grand de voir les installations hétéroclites se multiplier. La part des énergies renouvelables devant atteindre 23% de la consommation totale d’énergie en 2020, conformément aux engagements du Grenelle de l’environnement en 2007, le marché est fleurissant. Il serait paradoxal que le développement massif des énergies renouvelables pose à son tour un problème environnemental. De ce fait, si l’installation de capteurs solaires est encouragée par des tarifs incitatifs, elle est aussi strictement encadrée. Les panneaux, comme les éoliennes, ayant un impact visuel, certaines normes ont été promulguées. Par exemple, dans le parc national des Monts d’Ardèche, les capteurs ne peuvent pas être mis en place n’importe où. Ils doivent s’intégrer au paysage. L’avis d’un architecte peut être nécessaire pour les installer sur le toit d’un bâtiment, sur une façade ou sur le sol d’un jardin. Les projets collectifs sont également privilégiés, afin d’éviter un éparpillement des installations.

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